« QUELLE LIBERTÉ ? CELA NOUS A RIEN DONNÉ GAHHHHHHHH. »
Le Express quotidien n'a pas gagné le surnom de « Brexpress » sans raison. Mais s’il fallait rappeler pourquoi, sa Une du 2 février l’a fourni en abondance et est rapidement devenue un objet de ridicule.
« Le Premier ministre veut 'rembobiner' la liberté que le Brexit nous a donnée », criait la Une, laissant entendre que le Brexit a apporté des libertés concrètes, et que Keir Starmer complote maintenant pour les lui arracher.
Le problème, bien sûr, c'est que Exprimer n’explique jamais vraiment ce que sont réellement ces libertés.
L’article affirme que Starmer a été « critiqué pour avoir tenté de « rembobiner » le Brexit », après avoir suggéré que le public avait été induit en erreur en 2016 par une série de promesses qui ne se sont jamais concrétisées. Il s’agit d’une observation non controversée, étayée par des années de réalité post-Brexit, mais le Exprimer le présente comme une attaque contre la démocratie elle-même.
Et la personne qui claque ? Nigel Farage, rien de moins, qui a riposté en avertissant : « Pour une raison ou une autre, Sir Keir Starmer reste déterminé à nous ramener sous les talons de Bruxelles. »
Le journal a également fait appel à la ministre fantôme des Affaires étrangères, Priti Patel, qui a accusé Starmer de « dix ans après le référendum… continuer à discuter avec le peuple britannique plutôt que d’accepter sa décision ».
Cet argument contourne clairement un principe démocratique fondamental, selon lequel les électeurs sont autorisés à réévaluer leurs décisions politiques lorsque les résultats promis ne se manifestent pas.
En dehors du Exprimer bulle, la réaction fut moins obligeante. Les utilisateurs des réseaux sociaux ont répondu par une question simple à laquelle le journal a refusé de répondre :
« Quelle liberté ? Cela ne nous a rien apporté GAHHHHHHHH », comme l'a écrit un lecteur.
La Une, ridiculisée, faisait suite à un article intitulé : « Notre plus grande croisade : comment le Daily Express s’est battu pour VOTRE Brexit ».
Le journal y raconte fièrement sa longue campagne contre l'intégration européenne.
Après avoir passé des décennies à promettre la libération, la prospérité et le rétablissement de la souveraineté, le Exprimer se rabat désormais sur de vagues invocations de « liberté ». Alors que les libertés effectivement supprimées par le Brexit – la liberté de circulation, la facilité des échanges commerciaux, le droit de vivre et de travailler dans toute l’Europe, pour commencer – sont commodément ignorées.
