Pas étonnant que l’empire Murdoch soit terrifié.
« Alors que la fièvre d'Aintree s'empare du Royaume-Uni… Et il est fou. Le leader vert Polanski tente d'interdire les courses de chevaux. »
C'était la une du Sun avant la fête nationale.
En publiant l'article sur les réseaux sociaux, Polanski a rappelé son projet visant à mettre fin à « l'arnaque de la Grande-Bretagne » en reprenant « le pouvoir et la richesse de ceux qui les ont volés ».
Il a ajouté : « L’empire Murdoch est terrifié. »
Et il n'est pas difficile de comprendre pourquoi.
Plutôt que de s’engager sérieusement dans la proposition de Polanski, qui s’inscrit dans une critique éthique plus large de l’utilisation des animaux dans le sport, la position de Polanski est rejetée comme un « appel grincheux », regroupé avec d’autres politiques pour créer une représentation de l’extrémisme plutôt qu’un argument cohérent.
Pour renforcer ce point, le journal recherche des voix prévisibles. Nigel Farage aurait qualifié la proposition de « non-sens grincheux », invoquant le patrimoine, l’emploi et la tradition. Le député conservateur Mick Timothy qualifie cela de « folie extrême », tandis que le ministre fantôme des Sports, Louie French, suggère que les Verts sont « déconnectés » de la campagne.
Mais ce qui est peut-être encore plus révélateur, c’est la mesure dans laquelle l’article creuse pour établir son argumentaire. Une publication de Polanski sur les réseaux sociaux datant de 2024 est déterrée. Puis un autre, datant de 2018, dans lequel Polanski demandait poliment à un musicien de reconsidérer un logo de cheval pour des raisons éthiques.
Pendant ce temps, les chiffres de l'industrie sont déployés pour présenter les courses de chevaux comme étant à la fois sûres et bienveillantes, citant les faibles taux de mortalité parmi les coureurs.
Ce qui manque en grande partie, c'est tout engagement significatif dans l'argument éthique lui-même, à savoir si le divertissement justifie le risque et l'exploitation des animaux.
En Grande-Bretagne, les courses de chevaux ne sont pas seulement un sport, c'est une institution économique et culturelle valant des milliards, étroitement liée aux jeux de hasard, à l'utilisation des terres et aux réseaux sociaux d'élite. Le remettre sérieusement en question, c’est remettre en question un système de pouvoir et de profit.
Et c’est précisément ce que vise le message de Polanski : non seulement le bien-être animal, mais aussi la redistribution, la réglementation et le changement structurel.
Pas étonnant que l’empire Murdoch soit terrifié.
