La comédie de Monkhouse et les conventions qui l'ont façonnée appartiennent à une époque révolue du divertissement britannique. Cela ne le rend pas honteux ou malveillant, mais cela le situe historiquement.
Les dirigeants de la télévision sont devenus le punching-ball préféré de la presse anti-woke, et le SoleilLe dernier accès d'indignation de 's suit un scénario familier et fatigué. Cette fois, le journal a pris pour cible ITV pour avoir placé un avertissement sur le contenu d'une rediffusion de An Audience With… de Bob Monkhouse en 1994, informant les téléspectateurs que le programme « reflète le langage et les attitudes de son époque ».
Toute personne d’un certain âge se souviendra avec tendresse de Monkhouse. Animateur de jeu télévisé et stand-up qui a consacré sa vie à faire rire les gens. Il est toutefois peu probable que les jeunes générations aient un tel attachement. Et pourquoi le feraient-ils ? La comédie de Monkhouse et les conventions qui l'ont façonnée appartiennent à une époque révolue du divertissement britannique.
Cela ne le rend pas honteux ou malveillant, mais cela le situe historiquement.
Il est donc tout à fait raisonnable qu’ITV contextualise un programme vieux de trente ans pour un public moderne. Un bref avertissement ne condamne pas Monkhouse, ne censure pas son travail et n'empêche pas quiconque de le regarder. Il reconnaît simplement une vérité évidente, les attitudes sociales changent, tout comme la comédie. Il est également conseillé aux téléspectateurs d'activer le contrôle parental, ce qui n'est guère un acte révolutionnaire pour une plateforme de streaming à vocation familiale. C’est après tout une pratique courante sur ces nombreuses chaînes dédiées à la rediffusion d’anciens programmes télévisés.
Pourtant pour le Soleilcette décision mesurée et banale a provoqué un effondrement. Les patrons d’ITV, nous dit-on, se sont « réveillés ».
L’article s’appuie largement sur l’indignation d’un seul téléspectateur, qui qualifie l’avertissement de « folie éveillée », insistant sur le fait que Monkhouse était « le comédien le plus inoffensif et le plus apprécié de sa génération » et que ses blagues étaient « des blagues familiales que tout le monde pouvait apprécier ».
Pour souligner ce point, le journal reproduit certaines des blagues les plus connues de Monkhouse, comme si cela mettait fin au débat.
Mais la réaction est tout à fait disproportionnée. Personne ne conteste la popularité ou le professionnalisme de Monkhouse. Personne ne suggère que son travail devrait être effacé ou « annulé ».
L’idée selon laquelle une courte ligne d’informations contextuelles constitue une attaque contre la comédie, ou pire, contre la liberté d’expression, est absurde. Ce qui est vraiment incroyable, c’est la fragilité dont font preuve ceux qui se prétendent défenseurs du bon sens.
La comédie a changé. Ce n'est pas un scandale, c'est un fait. À mesure que la société est devenue plus consciente de la personne sur qui les blagues s'adressent, l'humour est, dans l'ensemble, devenu plus gentil, plus pointu et plus conscient de lui-même. Même la satire a dû évoluer. Le redémarrage de Portrait craché a échoué de façon spectaculaire, non pas parce qu’elle était trop cruelle, mais parce que la réalité avait déjà rendu ses cibles grotesques au-delà de la parodie.
Monkhouse lui-même l’a parfaitement compris. En réfléchissant à l’évolution de la comédie télévisée, il a un jour observé que si les blagues des stand-ups du milieu du siècle n’étaient pas si différentes de celles racontées aujourd’hui, les sitcoms et les films étaient devenus « plus véridiques et plus mordants ». La comédie, dit-il, est passée « de l’innocence à la connaissance ».
Monkhouse a compris ce changement culturel plus clairement, semble-t-il, que ceux qui utilisent désormais son nom pour mener une guerre culturelle. Un avertissement de contenu n’insulte pas son héritage. Cela respecte le public. Le vrai problème ici n’est pas « l’éveil », mais les médias tellement investis dans les griefs que même le plus léger clin d’œil au contexte historique est traité comme une menace existentielle.
