Une campagne visant à ramener le secteur de l'eau au Royaume-Uni dans la propriété publique a pris un élan considérable, avec un pétition appelant à un référendum national contraignant approchant les 120 000 signatures.
Après avoir dépassé le cap des 100 000 personnes requises pour déclencher un débat parlementaire, la question est désormais fermement inscrite à l'agenda politique.
La pétition affirme que l'eau est une nécessité publique fondamentale et critique le système privatisé actuel. Il indique que les compagnies d’eau privées servent environ 62 millions de « clients captifs » et ont versé plus de 85 milliards de livres sterling à leurs actionnaires. Les fonds, selon les militants, auraient pu être réinvestis dans l’entretien et l’amélioration des infrastructures vieillissantes. Il souligne également que le Royaume-Uni est le seul pays à avoir entièrement privatisé son système d'approvisionnement en eau, ce qui soulève des inquiétudes quant à la responsabilité et à l'intérêt public.
Les groupes de campagne et les défenseurs de l’environnement ont salué l’augmentation du soutien. L’organisation We Own It a décrit cette étape comme un moment charnière, affirmant qu’elle démontrait une demande généralisée pour que le public ait son mot à dire sur la propriété de l’eau.
Le militant écologiste Feargal Sharkey a également félicité ses partisans, qualifiant les signataires de « héros absolus ».
Mais le gouvernement a résisté aux appels à la nationalisation, arguant qu’une telle démarche serait complexe et prendrait beaucoup de temps. Les responsables soutiennent que réformer la réglementation et renforcer son application constituent un moyen plus immédiat et plus efficace de répondre aux préoccupations environnementales, en particulier la pollution des rivières, des lacs et des mers.
Le mécontentement du public semble s’étendre au-delà de la pétition. Un précédent sondage réalisé sur Thames Water avait révélé que plus des deux tiers de ses clients étaient favorables à la nationalisation. Une majorité a également estimé que le régulateur Ofwat devrait rejeter un projet d'accord de restructuration et plutôt placer l'entreprise sous administration spéciale.
L’accord proposé lui-même s’est révélé controversé. Cela implique l'annulation d'environ un quart de la dette de Thames Water, qui s'élève à près de 20 milliards de livres sterling, tout en retardant la pleine conformité aux normes juridiques, réglementaires et environnementales entre 2035 et 2040. Les critiques soutiennent que ce calendrier permettrait la poursuite des dommages environnementaux pendant des années.
La pétition étant désormais en attente d'un débat prévu au Parlement, la question de savoir qui devrait posséder et contrôler les infrastructures d'eau du Royaume-Uni restera probablement une question importante et controversée dans les mois à venir.
