Roz Savage explique comment le gouvernement britannique pourrait être amélioré
Roz Savage est la députée libérale-démocrate de South Cotswolds
Lorsque je me suis présenté au Parlement en 2024, je pensais avoir compris à quel point notre système politique était brisé. J'avais lu les critiques de Rory Stewart, Ian Dunt et d'autres qui décrivent un Westminster aux prises avec une réflexion, une coordination et une mise en œuvre à long terme. Même si j’ai été prévenu, je trouve toujours la réalité vécue sans cesse décevante et déprimante.
Je rencontre chaque jour des personnes talentueuses et engagées au Parlement et dans la fonction publique. Beaucoup pourraient gagner beaucoup plus avec beaucoup moins de chagrin. Le problème n’est pas un manque de volonté ou de capacité. C’est qu’ils travaillent au sein d’un système qui rend inutilement difficile la réflexion claire, la collaboration efficace ou la planification au-delà du prochain titre.
Si un gouvernement progressiste veut apporter un changement durable, la réforme du fonctionnement du gouvernement est tout aussi importante que les politiques qu’il annonce. De mes dix-huit premiers mois au Parlement, sept priorités ressortent.
1. Briser les silos
Les plus grands défis de la Grande-Bretagne ne rentrent pas clairement dans les catégories départementales. Le logement, la production alimentaire, le climat, l’eau, l’énergie et la nature sont profondément interconnectés. Pourtant, Whitehall reste organisé de manière à fragmenter les responsabilités et à obscurcir les compromis.
L’utilisation des terres en est un exemple clair. Nous sommes un pays densément peuplé – la même population que la France avec une superficie deux fois plus petite et la plupart d’entre nous regroupés dans la moitié inférieure – nous avons donc des demandes concurrentes sur des terres limitées, mais la politique est élaborée de manière isolée plutôt que dans le cadre d’un cadre national cohérent. Un gouvernement unifié ne peut pas être un simple slogan. Cela nécessite une appropriation interministérielle claire des résultats partagés, soutenue par une véritable autorité au niveau central.
2. Dépenser pour prévenir, ne pas payer pour les correctifs
Trop souvent, les « économies » apparentes ne font que déplacer les coûts ailleurs. Les réductions des aides aux personnes handicapées peuvent réduire les dépenses sociales sur le papier, mais elles augmentent la pression sur le NHS, les soignants, les autorités locales et les services de crise.
Une approche progressiste des dépenses publiques doit adopter une vision globale du système. Investir plus tôt, que ce soit dans la sécurité sociale, la santé publique ou la prévention, n’est pas imprudent. C’est ainsi que nous réduisons les coûts à long terme tout en améliorant les vies plutôt que de les détruire.
3. Concevoir des politiques avec les gens
Les politiques ont plus de chances de réussir lorsque les personnes concernées contribuent à les façonner. Trop souvent, Westminster parle des communautés plutôt que de celles-ci.
Les débats récents sur la politique de l’agriculture familiale ont montré les dégâts causés lorsque les décisions semblent imposées à distance. Une consultation tardive, voire inexistante, engendre la méfiance et la résistance. L’engagement peut sauver des carrières politiques, comme Margaret Thatcher l’a découvert avec la capitation. Ce n’est pas un obstacle : c’est la manière dont la politique devient réalisable dans le monde réel.
4. Traiter la nature comme une infrastructure
La politique environnementale considère encore trop souvent la nature comme un supplément facultatif plutôt que comme un atout fondamental. Même si les solutions technologiques ont un rôle à jouer, les solutions fondées sur la nature restent sous-financées et sous-évaluées.
Des sols, des zones humides, des forêts et des rivières sains sont à la base de la sécurité alimentaire, de la prévention des inondations, de la santé publique et de la résilience climatique. Les décisions en matière de planification et d’infrastructure qui ignorent la réalité écologique ne sont pas tournées vers l’avenir. Ils sont myopes.
5. Faire correspondre les objectifs avec la livraison
Westminster ne manque pas d’ambition. Il manque de plans de livraison crédibles. Les grandes promesses, comme la construction de logements à grande échelle, nécessitent des investissements parallèles dans les compétences, les matériaux, la capacité énergétique, les infrastructures hydrauliques et les transports.
Les gens ne sont pas cyniques à l’égard de l’ambition elle-même. Ils sont cyniques à l’égard des objectifs annoncés sans aucune voie crédible pour les atteindre. La politique progressiste doit reconnecter les objectifs avec le réalisme, l’enchaînement du chemin critique et la transparence sur les contraintes.
6. Penser au-delà du cycle électoral
Les cycles électoraux courts encouragent la prise de décision à court terme. Les bouleversements politiques, les réinitialisations constantes et les annonces faisant la une des journaux minent la confiance du public et les investissements des entreprises.
Les défis à long terme, de l’adaptation au changement climatique au renouvellement des infrastructures, nécessitent de la stabilité. Cela signifie des institutions plus fortes pour la planification à long terme, une meilleure coopération entre les partis sur les questions fondamentales et une communication plus claire avec le public sur l’orientation à long terme.
7. Une histoire nationale cohérente
Le plus préjudiciable de tous est peut-être l’absence d’un discours clair et directeur sur la direction que prend le pays. Les gouvernements ont besoin de plus qu’un ensemble de politiques. Ils ont besoin d’une histoire qui aide les gens à comprendre comment les décisions s’articulent et leur donne confiance dans l’avenir.
Une vision progressiste doit être ancrée dans l’équité, la durabilité et la prospérité partagée. Lorsque les gens comprennent la direction du voyage, ils peuvent à nouveau planifier, investir et espérer.
Pourquoi nous avons besoin de changement
Ce ne sont pas des préoccupations abstraites. Lorsque le gouvernement manque de clarté et de coordination, les conséquences sont réelles. Les agriculteurs arrêtent d’investir. Les entreprises se retiennent. Les familles ont du mal à planifier leur avenir.
En tant que député libéral-démocrate, je pourrais me réjouir des échecs de ce gouvernement travailliste. Mais en tant que personne qui vit et aime ce pays, je veux désespérément qu’ils fassent mieux.
Améliorer le fonctionnement du gouvernement ne fera peut-être pas la une des journaux, mais sans cela, le changement progressif échouera. La réforme de l’appareil gouvernemental n’est pas un spectacle technocratique – c’est le choix politique qui déterminera si ce Parlement apportera le changement dont nous avons besoin – ou de nouvelles promesses non tenues.
