Quels étaient les enjeux clés pour les électeurs ?
La poussière est retombée après les élections générales de 2024, au cours desquelles le parti travailliste est revenu au pouvoir pour la première fois depuis 14 ans. Les experts et les commentateurs ont fait de leur mieux pour comprendre pourquoi la nation a voté comme elle l'a fait.
Pour les aider dans leur démarche, un sondage détaillé de Lord Ashcroft examine les votes des différents groupes démographiques et, surtout, les raisons qui ont motivé leur vote. Les données donnent un aperçu fascinant de ce qui s'est réellement passé lors de l'élection.
En commençant par les données démographiques, le sondage nous donne quelques indications clés :
- Les Verts arrivent en deuxième position chez les 18-24 ans et les 25-34 ans. Seuls les travaillistes ont recueilli plus de voix dans ces tranches d'âge. 15% des 18-24 ans ont voté Vert, tout comme 14% des 25-34 ans.
- Le seul groupe d'âge où les conservateurs ont fait mieux que les travaillistes est celui des plus de 65 ans. 38 % des plus de 65 ans ont déclaré avoir voté pour les conservateurs, contre 24 % qui ont déclaré avoir voté pour les travaillistes.
- Les hommes sont plus enclins à voter pour le Parti réformiste que les femmes. Les femmes sont plus enclines à voter pour les Verts et les Libéraux-démocrates que les femmes. Selon le sondage, le Parti réformiste a obtenu 16 % des voix des hommes et 12 % des voix des femmes. Les Libéraux-démocrates ont obtenu 11 % des voix des hommes et 13 % des voix des femmes. Les Verts ont obtenu 6 % des voix des hommes et 8 % des voix des femmes.
Quant à la raison pour laquelle les gens ont fini par soutenir le parti pour lequel ils ont voté, la première raison invoquée par les électeurs pour chaque parti était :
- Les travaillistes – Ils feraient un meilleur travail dans la gestion de l’économie.
- Conservateurs – Ils feraient un meilleur travail dans la gestion de l’économie.
- Réforme – Préfère les promesses faites par le parti à celles de tout autre parti.
- Libéraux-démocrates – Ils ont fait plus confiance aux motivations du parti qu’à tout autre parti.
- Vert – Il fait davantage confiance aux motivations du parti qu’à celles de tout autre parti.
- SNP – Il a fait confiance aux motivations du parti plus qu’à tout autre parti.
Le sondage d'Ashcroft a également examiné la question du vote tactique, en demandant aux gens s'ils avaient voté pour le parti qu'ils avaient choisi parce qu'il s'agissait du parti qu'ils souhaitaient le plus gagner ou parce qu'ils voulaient empêcher un autre parti de gagner. Les réponses ont montré que les électeurs libéraux-démocrates étaient de loin les plus susceptibles d'être des électeurs tactiques, près de la moitié des personnes qui ont soutenu le parti déclarant l'avoir fait pour bloquer un autre parti. Les résultats sont les suivants :
- Électeurs travaillistes : 29 % ont voté pour tenter d’empêcher le parti qu’ils aimaient le moins de gagner, 68 % ont voté pour le parti qu’ils voulaient le plus voir gagner.
- Électeurs conservateurs : 27 % ont voté pour tenter d’empêcher le parti qu’ils aimaient le moins de gagner, 70 % ont voté pour le parti qu’ils voulaient le plus voir gagner.
- Électeurs réformistes : 19 % ont voté pour tenter d’empêcher le parti qu’ils aimaient le moins de gagner, 78 % ont voté pour le parti qu’ils voulaient le plus voir gagner.
- Électeurs libéraux-démocrates : 46 % ont voté pour tenter d’empêcher le parti qu’ils aimaient le moins de gagner, 50 % ont voté pour le parti qu’ils voulaient le plus voir gagner.
- Électeurs verts : 17 % ont voté pour tenter d’empêcher le parti qu’ils aimaient le moins de gagner, 79 % ont voté pour le parti qu’ils voulaient le plus voir gagner.
- Électeurs du SNP : 13 % ont voté pour tenter d'empêcher le parti qu'ils aimaient le moins de gagner, 86 % ont voté pour le parti qu'ils voulaient le plus voir gagner.
Enfin, le sondage s'est penché sur les principaux enjeux qui ont influencé la décision des électeurs quant à la manière dont ils ont voté aux élections générales, ce qui suggère que l'électorat a soutenu différents partis en fonction de l'enjeu qu'il considérait comme le plus important. Le sondage a révélé :
- Pour l’ensemble des électeurs, le problème numéro un était le coût de la vie, suivi du NHS, puis de l’immigration et de l’asile, puis de l’économie et de l’emploi, puis d’avoir un leadership adéquat.
- Pour les électeurs travaillistes, la question numéro un était le NHS, suivi du coût de la vie, puis d’avoir un leadership adéquat, puis de l’économie et de l’emploi, puis de la pauvreté et des inégalités.
- Pour les électeurs conservateurs, la question numéro un était l’économie et l’emploi, suivis de l’immigration et de l’asile, puis du coût de la vie, puis d’un leadership adéquat, puis du NHS.
- Pour les électeurs réformistes, la question numéro un (et avec une marge substantielle) était l’immigration et l’asile, suivis du coût de la vie, puis d’avoir un bon leadership, puis le NHS, puis les impôts.
- Pour les électeurs libéraux-démocrates, le problème numéro un était le NHS, suivi du coût de la vie, puis du changement climatique et de l’environnement, puis d’un leadership adéquat, puis de l’économie et de l’emploi.
- Pour les électeurs écologistes, le problème numéro un était le changement climatique et l’environnement, suivi du coût de la vie, puis du NHS, puis de l’aide humanitaire et de Gaza, puis de l’économie et de l’emploi.
- Pour les électeurs du SNP, la question numéro un était l’indépendance de l’Écosse, suivie du coût de la vie, puis du NHS, puis d’avoir un bon leadership, puis du Brexit.
Chris Jarvis est responsable de la stratégie et du développement chez Left Foot Forward
