Le député travailliste Patrick Hurley explique pourquoi il soutient la décision du gouvernement de mener des consultations sur de nouvelles mesures visant à protéger les enfants en ligne, notamment sur la question de savoir si l'accès aux médias sociaux devrait être restreint aux moins de 16 ans.
Patrick Hurley est le député travailliste de Southport
Il n’y a plus vraiment de débat sur la question de savoir si les médias sociaux affectent le bien-être des enfants. Nous pouvons tous constater que c’est le cas. La question est de savoir ce que nous ferons ensuite.
Pour moi, ce n’est pas une question abstraite. Ma femme est enseignante et elle voit chaque jour comment le monde en ligne suit les enfants jusqu'à l'école. Elle voit l’anxiété provoquée par les comparaisons constantes, la distraction des téléphones et la façon dont les problèmes qui surviennent en ligne finissent rapidement en classe. On demande aux enseignants de s’attaquer à des problèmes qui n’existaient tout simplement pas il y a une génération. Ils sont mal équipés pour y faire face, tout comme la société en général.
Il ne s’agit pas ici d’être anti-technologie. Utilisé correctement, Internet peut aider les jeunes à apprendre et à rester en contact avec leurs amis. Mais nous devons également être honnêtes sur le fait que les plateformes de médias sociaux d’aujourd’hui n’ont pas été conçues pour les enfants. Ces plates-formes sont construites autour d'algorithmes, de flux sans fin et de notifications destinés à maintenir l'engagement des utilisateurs. S’attendre à ce que les enfants gèrent eux-mêmes cet environnement, souvent tard dans la nuit, n’est pas réaliste, surtout lorsque de nombreux adultes sont également confrontés à des difficultés. Ils veulent nous rendre accros au prochain coup de dopamine des notifications ou au défilement sans fin. Je peux à peu près faire face à cela en tant que gars de 50 ans, mais un enfant de 14 ans n'en est tout simplement pas capable.
C'est pourquoi je soutiens la décision du gouvernement de mener des consultations sur de nouvelles mesures visant à protéger les enfants en ligne, notamment sur la question de savoir si l'accès aux médias sociaux devrait être restreint aux moins de 16 ans.
Comme l’ont montré des enquêtes ultérieures, l’agresseur – qui n’avait lui-même que 17 ans – avait regardé sur les réseaux sociaux une vidéo violente montrant l’assassinat d’un évêque à Sydney, quelques minutes seulement avant de quitter son domicile. Cette vidéo a été autorisée à rester sur la plateforme. Les réseaux sociaux ne sont pas à l’origine de ces crimes, mais la manière dont les contenus préjudiciables et trompeurs se propagent peut clairement aggraver la situation.
Les jeunes de notre région ont été exposés à des images et à des spéculations en temps réel, avant qu'il n'y ait aucune information officielle. Ce n’est pas une situation sûre ou saine.
Le gouvernement travailliste a déjà pris des mesures par le biais de la loi sur la sécurité en ligne, qui oblige les plateformes à supprimer les contenus illégaux et à introduire des contrôles d'âge. Il s’agit d’une étape importante, mais elle ne devrait pas mettre fin au débat. De nombreux parents se sentent coincés. Ils s'inquiètent de l'effet des médias sociaux sur leurs enfants, mais ils craignent également que leur enfant soit laissé de côté s'il n'est pas en ligne. Des règles plus claires pourraient contribuer à alléger une partie de cette pression sur les familles.
Le gouvernement souhaite qu’il s’agisse d’un débat national impliquant les enfants, les parents, les enseignants et les organisations caritatives. Ceux qui sont confrontés à ces problèmes au quotidien devraient avoir leur mot à dire sur ce qui se passera ensuite.
Certains diront qu’un âge minimum est un outil trop brutal. C’est un bon point à soulever, et c’est la raison pour laquelle nous menons des consultations. Mais ne rien faire est aussi un choix, et cela expose les enfants à des systèmes dont nous savons déjà qu’ils peuvent nuire. D’autres pays, dont l’Australie, ont décidé de fixer un âge minimum pour l’accès aux réseaux sociaux et de confier la responsabilité aux plateformes plutôt qu’aux seuls parents. Nous devrions examiner attentivement les leçons que nous pouvons en tirer.
Au cœur de cette question se pose une question simple : sommes-nous prêts à modifier le système actuel afin de mieux protéger les jeunes ? Ce gouvernement estime que le bien-être des enfants doit primer. Nous serons guidés par les preuves et par les expériences des familles et des écoles.
Nos enfants devraient pouvoir grandir sans la pression constante des plateformes en ligne qui n’ont jamais été conçues pour eux. Réussir les choses n’est pas facile, mais c’est nécessaire.
